...ça fait deux. Je m'explique :
Le week-end dernier nous sommes partis faire un petit tour dans le sud. Avec l'attirail "piquouse". Nous avons pris l'avion ; mais avant d'embarquer, lors du passage aux contrôles de sécurité, mon sac à main a attiré l'attention du personnel en charge : les seringues et le suprefact étaient à l'intérieur, et ont été vus aux rayons X. La dame en charge des fouilles m'a demandé de déballer mon sac. J'ai alors sorti l'objet du délit : les seringues à injection sous cutanée de 1 ml, et le suprefact. brrr... attention, c'est du lourd et ça fait peur ; avec ça, on peut... on peut... ouh la la mon dieu ! faire des piqûres sous cutanées....
Heureusement, j'avais prévu que la présence de ces engins de mort allait soulever des interrogations, et j'avais pris mon ordonnance. la dame l'a lue ; je pouvais entendre les rouages qui cliquetaient dans sa petite tête : "pfff.... je pige que dalle à ce morceau de papier. je fais quoi? je vais voir le chef? non, il y a tellement la queue, et on est tellement juste sur l'horaire ; si le vol prend du retard, ça va encore être pour ma pomme ; faisons comme si de rien n'était ; elle a pas une tête de terroriste de toute façons." allez hop, circulez...
Comme quoi la sécurité ça tient à peu de chose, juste au jugement d'une seule personne, et à ma bonne mine ; parce que, l'ordonnance, j'aurais aussi bien pu l'écrire moi même : rien ne prouve son authenticité.
Et puis j'ajouterai, ces traitements, c'est un vrai plaisir. Alors être obligé de se justifier pour pouvoir se faire sa petite piqure, c'est un peu comme une cerise sur le gâteau...
Ceci dit, il n'y a pas eu mort d'homme, et le week end était bien. Quelques règles de sécurité stupides n'ont donc pas eu raison de ma provision de bonne humeur : j'ai fait le plein ; maintenant, j'espère que mon capital ne va pas fondre trop vite...
mercredi 5 mars 2008
lundi 25 février 2008
5,4,3,2,1...
Compte à rebours enclenché. RDV chez doc gyneco mardi dernier ; j'ai récolté mon lot de belles ordonnances : Yapluka.
Début des opérations piquouses ce vendredi, valse des prises de sang/echo dès le 10 mars, séquence de prélèvement des follicules autour du 20 mars, réimplantation autour du 27 (s'il y a lieu) pour cause de culture prolongée.
Et puis aussi...jeudi dernier je suis allée voir une pièce de théâtre. rien à voir avec la PMA me direz vous. Ben si. L'acteur principal avait la même voix que mon doc gyneco, la même élocution rapide, les mêmes intonations. Au début de chaque réplique je m'attendais un peu à l'entendre dire "et pour vous très chère, j'ai mitonné un petit traitement à base de suprefact dont vous me direz des nouvelles". Et non. A la place c'était un bon trait d'esprit misogyne (pièce de Guitry). Ouf. Mais quand même. On ne peut même plus se distraire tranquillement. Ca ne taperait pas un peu sur le système tous ces traitements?
Bon enfin tout ça pour dire que cette fois ci on change : c'est du suprefact qu'on utilise, et non du decapeptyl. Ben oui : le decapeptyl, c'est pour les pieds tendres. Si si. Et puis le puregon. non mais alors. c'était quoi ces doses de 400 UI pour les traitements précédents? c'était des doses de fillettes. Vous me mettrez un dosage pour adulte SVP. 450 UI? Ok...mais alors pour commencer, hein?
Voilà. Le doc a été plutôt généreux, on va dire... Je sens bien que je vais encore devenir une boule. Mais cette fois ci ce sera Ultra-boule.
lundi 4 février 2008
Mathilde
Bienvenue à Mathilde, bébé 100% bio, née le 3 février. On remarquera qu'elle a failli être née un grand jour (Monsieur est du 4...Hi hi!)
Félicitations aux heureux parents, Cdt Sylvestre et sa Dame, et bon courage à Pérou, le chat!
On leur souhaite à tous que du bonheur.
samedi 2 février 2008
Les idées bizarres
Je me rappelle une émission sur Canal+, qui s'appelait "Avant moi j'croyais". Les téléspectateurs y étaient invités à raconter les idées bizarres et fausses qu'ils avaient eu, à un moment, dans leur vie, principalement pendant leur jeunesse. Dans cette veine, la FIV, ça donne quelquefois des idées bizarres, dont on se rend compte à posteriori qu'elles sont un peu loufoques :
- idée 1 : je suis malade. Quand j'ai fait la FIV 1, avec tous les examens médicaux, les rendez-vous piqûres chez l'infirmière, le contexte hospitalier lié au traitement, je me suis rendue compte après-coup qu'inconsciemment, pendant tout le traitement, je m'étais crue malade. Vous avez déjà vu une personne bien-portante se faire des piqûres tous les jours, vous? moi non. D'où mon idée bizarre.
- idée 2 : un bébé, ça naît forcément dans une éprouvette, et pour arriver à faire un bébé, il faut forcément s'y connaître. Aussi je suis toujours surprise quand j'apprends autour de moi que des gens ont fait un enfant comme ça, naturellement, aussi simplement que s'ils avaient claqué des doigts. Trop bizarre... Moi qui croyais qu'il fallait faire appel à des tas de docteurs super calés en la matière. hum... J'ai l'impression qu'il y a comme un léger décalage de notre référentiel de connaissance.
- idée 3 : c'est un corollaire de l'idée 2. Un bébé, ça se mérite. La preuve : il faut faire des tas de de trucs très compliqués pour y arriver ; faire les piqûres à la bonne heure, bien faire les examens, se présenter bien à l'heure pour la ponction ; sinon, ça MAR-CHE-PÔ. Après, ça peut éventuellement marcher. Donc on voit bien, ce n'est pas donné à tout le monde... Juste à ceux-qui-font-tout-bien-comme-il-faut. L'autre jour, à la télé, j'ai entendu qu'il y avait chaque année 200 000 IVG. Des enfants conçus par erreur... pas possible. Eh bien si. C'est la nature qui alloue les crédits, pas notre supposée bonne volonté...
- idée 4 : Puisque qu'un enfant ça se mérite, alors, le mérite doit payer, c'est sûr... on a toujours appris depuis notre petite enfance que seuls les enfants sages ont des bonbons, et que s'ils sont sages, ils ont des bonbons. Alors voilà : si on fait tout bien, ça doit marcher. Erreur... Il aurait plutôt fallu qu'on apprenne que pour avoir des bonbons, les enfants doivent être sages mais que la réciproque n'est pas vraie : les enfants sages ont des bonbons...quelquefois.
Tout ça pour dire que le processus des traitements nous entraîne, de manière très pernicieuse, dans un système de valeurs tout à fait à part, et complètement déconnecté de la réalité. Comme je le disais précédemment dans un vieux post, il y a bien deux mondes : celui des gens qui ont recours aux pratiques de l'AMP, et le monde des autres. Sans s'en rendre compte, on glisse de l'un à l'autre. Et puis petit à petit on se réveille, on se regarde dans la glace, on finit par se voir...et on écrit un post sur les idées bizarres! le catalogue que j'ai donné n'est bien entendu pas exhaustif. Des idées bizarres, il y en a des tonnes.
mercredi 30 janvier 2008
Les petits riens
La sécu m'a envoyé son accord pour le renouvellement de la prise en charge à 100%.
Et Hop, une étape de plus, et un souci en moins, c'est avec des tout petits riens qu'on a l'impression que les choses avancent.
Merci la sécu.
vendredi 25 janvier 2008
Méditations
Résultats d'analyse de Monsieur (tests de décondensation d'ADN) : tout est OK.
Rendez vous chez le biologiste, ce mardi, à 7h30 du matin, pour un debriefing des précédentes FIV : les embryons ont toujours eu une faible vitesse de division cellulaire, et leur qualité n'était pas optimale. Les causes : peut être un manque de maturité des ovocytes ponctionnés.
Bref, pour la suite on est partis pour une IMSI : les spermatozoïdes seront sélectionnés sur leur bonne mine grâce à un microscope à fort grossissement.
Ensuite, reste à savoir si on pratique une culture prolongée des embryons : ils seraient réimplantés au bout de 5 jours de culture, et non 2 ou 3. L'avantage dans ce genre de pratique est que l'utérus est remis des émotions de la ponction et ne devrait plus trop se contracter. En cas de problème de croissance des embryons, on est vite au courant (dans ce cas pas d'embryons à réimplanter...). L'embryon, au moment où il est réimplanté, est à peu près dans l'état où il devrait se trouver au moment où il atteint la cavité utérine en cas de fécondation naturelle.
Les chances de réussite de l'IMSI sont d'environ 30%, sur un échantillon composé de personnes ayant un fort taux d'échec préalable en FIV-ICSI normale.
Pas si mal, donc. Peut être que cela peut marcher. Ou peut être pas. Cela permet en tout cas d'éliminer une partie du facteur malchance.
De toute façon ce sera la tentative de la dernière chance. La quille... J'en rêve. Quoiqu'il arrive, ce traitement doit être le dernier. Pour passer à autre chose ; avec bébé ; ou sans bébé. Pour se projeter dans l'avenir, et non stagner dans un état de marasme où la seule perspective décemment envisageable est le prochain traitement, si bien que le traitement finit par devenir une fin, et non plus un moyen. Un marasme où on ne peut même pas ruminer tranquillement sur sa frustration, parce que cela ne mène à rien. Un marasme où on ne peut envisager sereinement la réussite, parce que c'est trop difficile en cas d'échec. Un marasme où l'on ne peut envisager l'échec, car autant baisser les bras tout de suite.
C'est l'état où rien n'est envisageable. Si je devais faire subir une torture à mon pire ennemi, je lui ôterais la possibilité d'envisager un quelconque avenir. L'expression "l'espoir fait vivre", qui a fini par devenir un lieu commun tellement elle a été mise à toutes les sauces, est en réalité une vérité fondamentale. Le bonheur est un état très relatif. Mais l'espoir, cette capacité que l'on a à prendre la vie comme elle vient en se disant que dans le lot de tout ce qui nous est envoyé, il y aura bien au moins quelques bonheurs, est le seul véritable moteur. De tous ces échecs, dont je n'ai absolument rien tiré, car il n'y a rien à en tirer, c'est peut-être le seul enseignement que j'ai acquis.
En repensant aux tentatives que l'on a faites je dirais que :
- la première a été envisagée comme un galop d'essai
- la seconde (avortée) a été perçue comme un gros coup de malchance
- la seconde bis, dans mon esprit, devait réussir, c'était obligé. De fait, grosse déception. De là, on a compris que l'échec était vraiment possible, et que les statistiques sur les chances de réussite n'étaient pas produites uniquement pour noircir du papier ; elles s'appliquaient aussi à nous.
- la troisième a été abordée avec tout le fatalisme possible : on jouait aux dés, c'est tout. Quand on a su le résultat, je me suis dit qu'une réussite aurait été trop belle. Et que soit on n'avait vraiment pas de chance, soit quelque chose clochait. Et que les statistiquessur les taux de réussite pouvaient, finalement, ne même pas s'appliquer à nous, car nous pouvions très bien ne pas être dans l'échantillon représentatif. Parce qu'on est peut être dans la tranche des gens qui ont une chance sur un million que cela marche. Le fait est que du côté des ovocytes, c'est moyen.
Mais on ne sait pas exactement quelles sont nos chances réelles. On peut essayer une dizaine de fois sans que cela marche. En toute logique, on serait supposé, en cas d'échec, retenter encore une fois ou deux. Mais cela oblige à rester dans cet état d'incertitude encore longtemps, au moins un an. Sachant que plus le temps passe, moins mes ovocytes seront de bonnes qualité : j'ai le mauvais âge, 38 ans, l'âge où les chances de réussites se cassent la figure. Et mes analyses AMH confirment que je suis effectivement plutôt sur la pente descendante.
Alors il faut prendre une décision : c'est la dernière, parce qu'on ne sait pas quel est le nombre de tentatives qui nous permettrait de garantir à 100% une réussite, et que je ne tiendrai pas beaucoup plus longtemps de toute façon. Alors comme au poker, je fais "tapis". Je joue mon va-tout. Et sans filet : pas d'adoption à envisager. Ca marche (le coup de bol ça existe) ou ça échoue.
C'est mal : je ne suis pas une jusqu'au boutiste. Je ne crois pas avoir lu ou entendu quelqu'un, parmi la cohorte des FIVettes, dire : la prochaine fois j'arrête parce que j'en ai ras la casquette ; car il est de bon ton de dire que l'on se battra jusqu'au bout. Je n'aurais peut-être pas fait tout ce qu'il est envisageable de faire. Mais c'est tout ce que je peux faire. J'aurais fait tout ce qu'il est supportable de faire. Cela suffira, j'espère, à faire taire mes regrets en cas d'échec.
Prochaine échéance : mi-février. Le doc nous en dira plus sur la culture prolongée, et si cela vaut vraiment le coup. Moi je suis à fond pour.
Donc, en attendant, je vais faire ce que j'ai le mieux appris à faire depuis ces dernières années : attendre, sans penser à après.
jeudi 3 janvier 2008
Forrest Gump attitude
En rentrant de vacances, les résultats d'analyses sont tombés pour moi.
A j3 du cycle,
oestradiol : 64 pg/ml : pas top.
FSH : 6 UI/l : pas mal.
AMH : 0,9 ng/ml : pas terrible.
Bref, des résultats de mon âge...
Les chances de réussite de la prochaine FIV ne sont probablement pas top. Tant pis, on n'a rien à perdre et tout à gagner : soyons cohérent, une personne qui joue de temps à autre au loto peut bien faire une FIV dont les chances réussite sont probablement plus élevées... Par contre c'est un peu plus compliqué que d'aller dans le bar à Momo pour gribouiller 6 petites croix... Pas grave, je suis une vétéran de la FIV.
Prochaine étape : les tests de décondensation d'ADN de Monsieur.
Et pour paraphraser Forrest Gump : La vie c'est comme une boîte de chocolats, on sait jamais sur quoi on va tomber.
On peut dire qu'on est servis... vivement la suite, je suis super gourmande, les fêtes m'ont donné un appétit monstrueux pour les friandises. Des chocolats, SVP, plein, plein, même des mauvais à la liqueur ou à la pâte d'amandes, pourvu que je tombe un jour sur un chocolat au feuilleté praliné...ou un autre, mais super bon ; alors, tous les mauvais chocolats seront oubliés.
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