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lundi 25 février 2008

5,4,3,2,1...

Compte à rebours enclenché. RDV chez doc gyneco mardi dernier ; j'ai récolté mon lot de belles ordonnances  :  Yapluka. 
Début des opérations piquouses ce vendredi, valse des prises de sang/echo dès le 10 mars, séquence de prélèvement des follicules autour du 20 mars, réimplantation autour du 27 (s'il y a lieu) pour cause de culture prolongée. 


Et puis aussi...jeudi dernier je suis allée voir une pièce de théâtre. rien à voir avec la PMA me direz vous. Ben si. L'acteur principal avait la même voix que mon doc gyneco, la même élocution rapide, les mêmes intonations. Au début de chaque réplique je m'attendais un peu à l'entendre dire "et pour vous très chère, j'ai mitonné un petit traitement à base de  suprefact dont vous me direz des nouvelles". Et non. A la place c'était un bon trait d'esprit misogyne (pièce de Guitry). Ouf. Mais quand même. On ne peut même plus se distraire tranquillement. Ca ne taperait pas un peu sur le système tous ces traitements?


Bon enfin tout ça pour dire que cette fois ci on change : c'est du suprefact qu'on utilise, et non du decapeptyl. Ben oui : le decapeptyl, c'est pour les pieds tendres. Si si. Et puis le puregon. non mais alors. c'était quoi ces doses de 400 UI pour les traitements précédents? c'était des doses de fillettes. Vous me mettrez un dosage pour adulte SVP. 450 UI? Ok...mais alors pour commencer, hein?
Voilà. Le doc a été plutôt généreux, on va dire... Je sens bien que je vais encore devenir une boule. Mais cette fois ci ce sera Ultra-boule.

 

samedi 2 février 2008

Les idées bizarres

Je me rappelle une émission sur Canal+, qui s'appelait "Avant moi j'croyais". Les téléspectateurs y étaient invités à raconter les idées bizarres et fausses qu'ils avaient eu, à un moment, dans leur vie, principalement pendant leur jeunesse. Dans cette veine, la FIV, ça donne quelquefois des idées bizarres, dont on se rend compte à posteriori qu'elles sont un peu loufoques :

Petit catalogue  :
  • idée 1 : je suis malade. Quand j'ai fait la FIV 1, avec tous les examens médicaux, les rendez-vous piqûres chez l'infirmière, le contexte hospitalier lié au traitement, je me suis rendue compte après-coup qu'inconsciemment, pendant tout le traitement, je m'étais crue malade. Vous avez déjà vu une personne bien-portante se faire des piqûres tous les jours, vous? moi non. D'où mon idée bizarre.
  • idée 2 : un bébé, ça naît forcément dans une éprouvette, et pour arriver à faire un bébé, il faut forcément s'y connaître. Aussi je suis toujours surprise quand j'apprends autour de moi que des gens ont fait un enfant comme ça, naturellement, aussi simplement que s'ils avaient claqué des doigts. Trop bizarre... Moi qui croyais qu'il fallait faire appel à des tas de docteurs super calés en la matière. hum... J'ai l'impression qu'il y a comme un léger décalage de notre référentiel de connaissance.
  • idée 3 : c'est un corollaire de l'idée 2. Un bébé, ça se mérite. La preuve : il faut faire des tas de de trucs très compliqués pour y arriver ; faire les piqûres à la bonne heure, bien faire les examens, se présenter bien à l'heure pour la ponction ; sinon, ça MAR-CHE-PÔ. Après, ça peut éventuellement marcher. Donc on voit bien, ce n'est pas donné à tout le monde... Juste à ceux-qui-font-tout-bien-comme-il-faut. L'autre jour, à la télé, j'ai entendu qu'il y avait chaque année 200 000 IVG. Des enfants conçus par erreur... pas possible. Eh bien si. C'est la nature qui alloue les crédits, pas notre supposée bonne volonté...
  • idée 4 : Puisque qu'un enfant ça se mérite, alors, le mérite doit payer, c'est sûr... on a toujours appris depuis notre petite enfance que seuls les enfants sages ont des bonbons, et que s'ils sont sages, ils ont des bonbons. Alors voilà : si on fait tout bien, ça doit marcher. Erreur... Il aurait plutôt fallu qu'on apprenne que pour avoir des bonbons, les enfants doivent être sages mais que la réciproque n'est pas vraie : les enfants sages ont des bonbons...quelquefois.
Tout ça pour dire que le processus des traitements nous entraîne, de manière très pernicieuse, dans un système de valeurs tout à fait à part, et complètement déconnecté de la réalité. Comme je le disais précédemment dans un vieux post, il y a bien deux mondes : celui des gens qui ont recours aux pratiques de l'AMP, et le monde des autres. Sans s'en rendre compte, on glisse de l'un à l'autre. Et puis petit à petit on se réveille, on se regarde dans la glace, on finit par se voir...et on écrit un post sur les idées bizarres! le catalogue que j'ai donné n'est bien entendu pas exhaustif. Des idées bizarres, il y en a des tonnes. 

vendredi 25 janvier 2008

Méditations

Résultats d'analyse de Monsieur (tests de décondensation d'ADN) : tout est OK.
Rendez vous chez le biologiste, ce mardi, à 7h30 du matin, pour un debriefing des précédentes FIV : les embryons ont toujours eu une faible vitesse de division cellulaire, et leur qualité n'était pas optimale. Les causes : peut être un manque de maturité des ovocytes ponctionnés.
 Bref, pour la suite on est partis pour une IMSI : les spermatozoïdes seront sélectionnés sur leur bonne mine grâce à un microscope à fort grossissement. 
Ensuite, reste à savoir si on pratique une culture prolongée des embryons : ils seraient réimplantés au bout de 5 jours de culture, et non 2 ou 3. L'avantage dans ce genre de pratique est que l'utérus est remis des émotions de la ponction et ne devrait plus trop se contracter. En cas de problème de croissance des embryons, on est vite au courant (dans ce cas pas d'embryons à réimplanter...). L'embryon, au moment où il est réimplanté, est à peu près dans l'état où il devrait se trouver au moment où il atteint la cavité utérine en cas de fécondation naturelle.
Les chances de réussite de l'IMSI sont d'environ 30%, sur un échantillon composé de personnes ayant un fort taux d'échec préalable en FIV-ICSI normale.
Pas si mal, donc. Peut être que cela peut marcher. Ou peut être pas. Cela permet en tout cas d'éliminer une partie du facteur malchance.

De toute façon ce sera la tentative de la dernière chance. La quille... J'en rêve. Quoiqu'il arrive, ce traitement doit être le dernier. Pour passer à autre chose ; avec bébé ; ou sans bébé. Pour se projeter dans l'avenir, et non stagner dans un état de marasme où la seule perspective décemment envisageable est le prochain traitement, si bien que le traitement finit par devenir une fin, et non plus un moyen. Un marasme où on ne peut même pas ruminer tranquillement sur sa frustration, parce que cela ne mène à rien. Un marasme où on ne peut envisager sereinement la réussite, parce que c'est trop difficile en cas d'échec. Un marasme où l'on ne peut envisager l'échec, car autant baisser les bras tout de suite.
C'est l'état où rien n'est envisageable. Si je devais faire subir une torture à mon pire ennemi, je lui ôterais la possibilité d'envisager un quelconque avenir. L'expression "l'espoir fait vivre", qui a fini par devenir un lieu commun tellement elle a été mise à toutes les sauces, est en réalité une vérité fondamentale.  Le bonheur est un état très relatif. Mais l'espoir, cette capacité que l'on a à prendre la vie comme elle vient en se disant que dans le lot de tout ce qui nous est envoyé, il y aura bien au moins quelques bonheurs, est le seul véritable moteur. De tous ces échecs, dont je n'ai absolument rien tiré, car il n'y a rien à en tirer, c'est peut-être le seul enseignement que j'ai acquis.
 
En repensant aux tentatives que l'on a faites je dirais que :
  • la première a été envisagée comme un galop d'essai
  • la seconde (avortée) a été perçue comme un gros coup de malchance
  • la seconde bis, dans mon esprit, devait réussir, c'était obligé. De fait, grosse déception. De là, on a compris que l'échec était vraiment possible, et que les statistiques sur les chances de réussite n'étaient pas produites uniquement pour noircir du papier ; elles s'appliquaient aussi à nous.
  • la troisième a été abordée avec tout le fatalisme possible : on jouait aux dés, c'est tout. Quand on a su le résultat, je me suis dit qu'une réussite aurait été trop belle. Et que soit on n'avait vraiment pas de chance, soit quelque chose clochait. Et que les statistiquessur les taux de réussite pouvaient, finalement, ne même pas s'appliquer à nous, car nous pouvions très bien ne pas être dans l'échantillon représentatif. Parce qu'on est peut être dans la tranche des gens qui ont une chance sur un million que cela marche. Le fait est que du côté des ovocytes, c'est moyen.
Mais on ne sait pas exactement quelles sont nos chances réelles. On peut essayer une dizaine de fois sans que cela marche. En toute logique, on serait supposé, en cas d'échec, retenter encore une fois ou deux. Mais cela oblige à rester dans cet état d'incertitude encore longtemps, au moins un an. Sachant que plus le temps passe, moins mes ovocytes seront de bonnes qualité : j'ai le mauvais âge, 38 ans, l'âge où les chances de réussites se cassent la figure. Et mes analyses AMH confirment que je suis effectivement plutôt sur la pente descendante.
Alors il faut prendre une décision : c'est la dernière, parce qu'on ne sait pas quel est le nombre de tentatives qui nous permettrait de garantir à 100% une réussite, et que je ne tiendrai pas beaucoup plus longtemps de toute façon. Alors comme au poker, je fais "tapis". Je joue mon va-tout. Et sans filet : pas d'adoption à envisager. Ca marche (le coup de bol ça existe) ou ça échoue. 
C'est mal : je ne suis pas une jusqu'au boutiste. Je ne crois pas avoir lu ou entendu quelqu'un, parmi la cohorte des FIVettes, dire : la prochaine fois j'arrête parce que j'en ai ras la casquette ; car il est de bon ton de dire que l'on se battra jusqu'au bout. Je n'aurais peut-être pas fait tout ce qu'il est envisageable de faire. Mais c'est tout ce que je peux faire. J'aurais fait tout ce qu'il est supportable de faire. Cela suffira, j'espère, à faire taire mes regrets en cas d'échec.
Prochaine échéance : mi-février. Le doc nous en dira plus sur la culture prolongée, et si cela vaut vraiment le coup. Moi je suis à fond pour.
Donc,  en attendant, je vais faire ce que j'ai le mieux appris à faire depuis ces dernières années : attendre, sans penser à après. 

mardi 18 décembre 2007

La Fiv, mode d'emploi 4

La dernière partie du traitement.
Si vous avez manqué le début : voir les post de même titre, un peu plus tôt.
Une fois les ovocytes ponctionnés, plus grand chose à faire pour nous, à part attendre. Les labos, en revanche, ne chôment pas : ils sélectionnent les spermatozoïdes produits par Monsieur, les ovocytes considérés comme corrects prélevés chez Madame, injectent les premiers dans les derniers, et les installent dans un petit nid douillet à 37°C.


Nous, de notre côté, on attend le coup de fil du labo, au bout de 24 heures. A ce stade, on a une petite idée du nombre d'embryons produits qui ont commencé à se diviser.
Puis 24 ou 48 heures encore après, c'est la réimplantation. Une sorte de récompense : ça ne fait pas mal, le doc arrive tout joyeux avec sa petite seringue à tuyau : et vous êtes ? en me montrant mon nom sur son dossier. Madame Pamela, réponds je du tac au tac, soucieuse de montrer que je sais lire et qu'en plus je sais qui je suis. et le doc envoie tout ce beau monde (2 embryons) voir la vraie vie, à savoir l'utérus de Madame. 
Une fois que c'est fait, une technicienne vérifie qu'il ne reste plus personne dans la seringue. A la première tentative, il y en avait un qui était resté dans la seringue. Le doc a dit "il y a un petit galopin qui n'a pas voulu venir". Re-belote, donc, pour le retardataire rebelle(il commençait mal dans la vie celui là). Après on reste allongée pendant...ouh...longtemps ( les fesses à l'air au froid avec un juste petit drap pour se couvrir le quart d'heure réglementaire paraît durer l'éternité), histoire que les galopins ne prennent pas la poudre d'escampette sur le champ.
Et voilà. C'est tout. Enfin presque. Il faut quand même s'enfiler des kilos de progestérone, d'aspirine (de l'aspégic nourrisson, ça nous a toujours amusé) , d'antibiotiques, mais c'est un détail. Du coup, cette partie là du traitement fait aussi gonfler. Si on résume bien, il n'y a que la ponction qui ne fasse pas gonfler. Et encore. ça dépend. Boule, je suis une boule...

Ensuite : eh bien attendre. 2 semaines. 2 looonnngues semaines. Pendant lesquelles on passe par tous les états d'âme : ça a marché ; ça a peut-être marché ; c'est foutu ; ouais de toute façon on n'en sait rien ; mais si ça marche pas? non, non. arrêter d'y penser, ça ne sert à rien ; est ce que ça a marché? c'est sûr, ça a marché. en fait on n'en sait rien, mieux vaut ne pas se monter la tête. oui mais... 
et tout ça à peu près 200 fois par jour. Enfin chaque fois qu'on a un moment, en fait.
Du coup il faut s'occuper. travailler. lire. regarder des films. dormir, oh oui dormir, arh la progestérone... enfin n'importe quoi pourvu qu'on pense à autre chose.
Et à la fin, il faut aller au labo. Résultat en fin d'après midi. La journée du résultat, c'est la journée free style au boulot. Poser un jour de congé, il ne faut surtout pas. Alors ces journées là... sont à mettre sur le compte des oeuvres de charité pour mon employeur :  il fait du social en me laissant me changer les idées sans avoir en retour la moindre petite trace de la plus infinitésimale productivité...Mais cela, il ne le sait pas (qu'il fait du social ; pour la productivité, il a bien du voir que c'était moyen) . Ces jours là, je lui suis reconnaissante pour la bonne action qu'il ignore avoir faite.
Puis le résultat. Et le lendemain du résultat, par contre et jusqu'à présent, une petite journée de congé a toujours été la bienvenue.

vendredi 7 décembre 2007

La FIV, mode d'emploi 3

Ce billet est la suite de celui du 27 novembre. Il raconte la suite du traitement après la fin de la stimulation ovarienne.
Que faire, donc, une fois que tous ces ovocytes produits dans l'effort et le souci du travail bien fait on reçu le signal du départ?

Solution 1 : on va au cinéma voir le dernier Spiderman, on s'achète un paquet de pop corn, et quand on a fini le paquet de pop corn, on rentre à la maison et on passe la journée tranquillement installé à bouquiner des BD.
 
Solution 2 : on file à la clinique tôt le matin et on dit "virez moi ces trucs qui me boursouflent les ovaires et faites en bon usage SVP", en d'autre termes on pratique la ponction ovocytaire, qui consiste à récolter les ovocytes produits.
Normalement, si vous avez bien suivi les épisodes précédents, dans votre grande perspicacité, vous avez trouvé que la solution 2 est la bonne.

 La veille au soir de la ponction, on mange léger et on boit bien, car le lendemain, il va falloir mériter son verre d'eau, pour cause d'anesthésie générale. 

Le matin de la ponction , lever 6h15  (le personnel médical est du genre lève tôt). Petit moment de bonheur : Paris dort encore, la nationale 118 est dégagée, ouaahhh....

Arrivée à la clinique vers 7 h, on accomplit les formalités d'usage : 
  1. Monsieur est bien Monsieur, la preuve, regardez la photo sur le passeport, et Madame est bien Madame, tenez voilà sa carte d'identité. 
  2. Monsieur et Madame sont bien mariés, ça fait un bail, même, et ils ont bien l'intention d'ajouter une page au livret de famille que voici. 
  3. Oui on est pris en charge par la sécu, voilà ma carte vitale. L'attestation? euuhh. ben non, on ne l'a pas, mais qui donc s'embarrasse de ce bout de papier débile alors que tout est sur la carte?  
  4. Oui, on a une ordonnance et une entente préalable, je n'ai pas décidé d'essayer de me faire ponctionner les ovaires comme ça de mon propre chef. 
  5. remplissage et signature de papiers divers et variés
Vers 8h-8h30, on est validé. On peut passer au niveau supérieur, dans tous les sens du terme:
Ascenceur, on arrive à l'étage des dames en blanc qui nous amènent dans une chambre tout à fait charmante mais qui ressemble quand même un peu à une chambre d'hôpital.  
Une dame très gentille me donne un fond de verre d'eau (merci merci merci) que j'avale goulûment (c'est tout?) avec les deux petites pilules grosses comme des grains de riz qu'elle me tend. Atarax, cela s'appelle. Il paraît que ça zénifie. Moi je crois que c'est plutôt un accélérateur de temps. Quand j'en prends, il suffit que je ferme un peu les paupières pour que 24 heures s'écoulent comme ça, pfft! Quand j'ouvre à nouveau les yeux, je suis à la maison, dans mon lit, et une journée entière s'est écoulée. Je me demande si la dose n'est pas un peu trop forte pour moi...
 
En attendant que les cachets magiques fassent effet, la dame en blanc me propose de jouer à me déguiser, et comme je suis très joueuse et que j'aime bien la couleur bleue, j'obtempère. Leur costume a dû être fait au rabais et le tissu devait manquer, parce cela ne ferme pas très bien dans le dos, et que j'ai les fesses à l'air. Niveau créativité, ce n'est pas tout à fait ça : leur costume est le même à chaque fois. Pour la prochaine je demanderai un costume de fée.  En arrivant en salle d'intervention, le bonnet de fée fera un peu plus classe que la charlotte flapie qu'on m'oblige à porter, c'est sûr.

Après ça, débarbouillage à la teinture d'iode, et on remplit (encore) des tas de papiers que je ne lis pas mais que je dois signer quand même. Un jour je vais peut être découvrir en arrivant dans la salle d'intervention que j'ai signé pour un don massif d'organes à prélever sur le champ.  
Enfin, la dame en blanc revient nous voir : Monsieur doit s'occuper d'encore plus de papiers (non, on n'a pas le VIH, ni l'hépatite, ni la rage ni le thyphus ni la coqueluche ni la lèpre ni la peste), puis se préparer à entrer en scène et à fournir une brillante démonstration in vitro de ses qualités d'étalon. On l'emmène dans une petite pièce, il doit se débarbouiller (mais pas entièrement, juste les parties utiles du corps ; ces gens là on vraiment la manie de la propreté), et après quoi, une fois son devoir accompli, Monsieur peut venir se remettre de ses émotions vers son épouse reconnaissante, si elle est encore dans la chambre, ce qui n'est pas forcément le cas à chaque fois.

Ainsi, vers 9h-9h30, j'entre en scène à mon tour et c'est le signal du départ pour la salle d'intervention.  Des gens très gentils viennent donc alors me voir pour me proposer une petite promenade en lit à roulettes. Chouette, c'est ma partie favorite. Grâce à cela, je connais très bien les murs du couloir de la salle d'intervention. Il y a des clichés d'embryons à différents stades de  développement, une photo d'injection ICSI. Et les plafonds, qui vont de ma chambre à la salle d'intervention, je les connais pas coeur. Le top, c'est le plafond de l'ascenseur : des bulles de lumière de différentes tailles dans un ciel d'aluminium, très psychédélique. Avec l'Atarax qui commence à faire effet, le voyage en ascenseur, c'est top. Dans le couloir, des gens vont et viennent, vaquent à leurs occupations et me disent bonjour en passant comme s'ils me connaissaient et m'avaient vue la veille. 

Arrivée dans la salle d'intervention, où la radio fredonne tout bas. L'anesthésiste entre et salue, les mondanités commencent : ne seriez vous pas madame Pamela, si, alors ça tombe bien que vous soyez là, je vous ai prévu un petit cocktail dont vous allez me dire des nouvelles. Mais pour commencer, je vais vous coller tout un tas de petites pastilles que je vais relier à la machine qui fait ping. 
Après, un petit cathéter pour le cocktail qui va bien. Le doc arrive ensuite, salutations d'usage. Mon doc,  quel étourdi, oublie systématiquement mon nom, et il faut que je lui rappelle. A moins que ça ne fasse partie du protocole.

Le moment fatidique arrive. L'anesthésiste me dit de prendre une grande inspiration, et là, brûlure dans le bras, puis dans les bronches, et enfin, rideau. 

A ce stade je ne peux que faire des suppositions : quand je pique mon petit somme, ils s'affairent sans doute tous comme des forcenés, le doc farfouille des tas de trucs dans mon ventre avec une aiguille grande comme ma jambe, le responsable des promenades en lit à roulettes passe me prendre ensuite, me fait encore faire petit un tour d'ascenseur psychédélique, m'emmène dans une usine à réveil où je consens au bout de quelques minutes à ouvrir une paupière, puis l'autre au bout d'un temps un peu plus long. Alors je regarde là télé de la machine qui fait ping, les chiffres augmentent tous, et quand ils ont atteint une valeur satisfaisante aux yeux des infirmiers,  je retourne en lit à roulettes dans ma petite chambre où Monsieur m'attend avec impatience. 
Il est alors 10-10h30.
A partir de l'injection, mes souvenirs sont en général assez flous et sujets à caution. Cependant, malgré le brouillard qui m'embue les neurones, j'ai quand même quelques réminiscences :
  • les gentilles dames en blanc m'amènent des friandises en perfusion.
  • Le doc passe et le verdict arrive : la récolte a été de 7, ou 8 ovocytes. 
  • Il paraît que l'anesthésiste passe, il y a encore des choses administratives à faire, mais je suis les choses de très loin. Monsieur assure, et je délègue pour cause de débilité profonde.

Par contre je me rends très bien compte qu'il commence à faire soif. Mais comme ils sont très bien dans cette clinique, la gentille dame en blanc vient me voir sans trop attendre (vers 11h30-12h), et là,  pour le coup, elle se mue en serveuse : oh, oui, je veux bien un bon gros thé de 2 litres au moins. Elle m'amène un beau plateau avec plein de trucs qui ont l'air super bon. Le hic, c'est que tout a un goût merdique. Effet de l'anesthésie, je suppose.

vers 13h00:
  1. prise de tension : OK
  2. Tentative de lever : OK, moyennant quelques restrictions sur mes capacités d'équilibre.
  3. Retour à la voiture : OK, avec la présence rassurante de Monsieur pas trop loin ; il fait jour, ça grouille de monde, la ville s'est réveillée pendant que je m'endormais.
  4. Retour à la maison : pas trop OK : bouchons, route défoncées qui me secouent comme si c'étaient des chemins communaux (à moins que les routes ne soient pas si défoncées que cela, et que ce soit ma perception des bosses qui est un peu exagérée)...pffff. La route est longue.
  5. Déshabillage et enlèvement des dernières pastilles collées : OK.
Retour au lit : OK!!!!!
Et rideau jusqu'à demain soir.
 

mardi 27 novembre 2007

La Fiv, mode d'emploi 2

Les réjouissances occasionnées par le traitement : suite  du billet posté le 20 novembre 2007.


Après une dizaine de jours de traitement, on engage le monitorage. Donc :

-prise de sang pour dosage hormonal le matin ; on explique tout à chaque fois : on montre l'ordonnance, toujours la même, attention, les analyses doivent être faxées avant telle heure au spécialiste, non, les résultats ne sont pas interprétables , car c'est pour une FIV. oui c'est dans le cadre d'un traitement à 100%, tenez voilà le papier...grrrrr. au bout de trois traitements, au labo, ils ont enfin enregistré qui j'étais. ça fait du bien
- visite chez le spécialiste qui procède à une échographie et examine les dosages hormonaux faits le matin, et ce de manière régulière ; 3/4 d'heure voyage aller, 20 minutes d'attente, puis consultation  : "bonjour, déshabillez vous et installez vous, ça fera 95 euros, au revoir et revenez me voir dans 4 jours" ;   durée de la consultation : 10 minutes, et puis, 3/4 d'heure pour le voyage retour. Au début des traitements, les rendez vous pour l'écho, c'était n'importe quand dans la journée. Maintenant, je peux davantage choisir les horaires tardifs. Comme quoi, il y a au moins un avantage à être vétéran...
Ces deux opérations sont à répéter tous les 3 a 4 jours en moyenne.

Là, à la fin de la première (ou de la deuxième, ça dépend) écho, on sait à peu près quand commencer la suite des réjouissances. Parce que le décapeptyl, ça ne suffit pas; mais par contre,  il faut le continuer jusqu'à la fin ( beeuuuark). Alors on lui ajoute un traitement hormonal supplémentaire, destiné à stimuler la production d'ovocytes par les ovaires. c'est là que la deuxième main pour faire les piqûres devient très pratique. Pour les premiers traitements, j'utilisais du menopur. Maintenant, c'est puregon pen, un vrai progrès : on regarde la dose à injecter, on règle le stylo au bon dosage, et c'est fini.

 Cette partie du traitement, c'est la partie qui fait gonfler. à la fin je ressemble à une boule et je n'ai plus qu'à me laisser rouler pour me déplacer. Tout au long de cette phase, qui dure environ deux semaines, on monitore : on compte les ovocytes, on les mesure, on analyse leur répartition en taille, on regarde la réponse hormonale des ovaires. Et tous les trois à quatre jours, c'est re-prise de sang, et re-consultation : "bonjour, installez vous, ça fera 95 euros, revenez me voir dans trois/quatre  jours, au revoir". La dernière séance arrive alors qu'on pense devoir faire cela pour le restant de ses jours : "Bonjour,  installez vous, ah ils sont murs (les ovocytes), rendez vous a la clinique dans 3 jours, entre temps, piqûre de gonadotrophine pour déclencher l'ovulation demain soir à 22h30. et ça fera 95 euros". 


La piqûre de gonado, c'est une intra musculaire. Faire les sous-cutanées, c'est plutôt facile. Mais l'intra-musculaire, là, on n'a pas encore osé. Donc ça veut dire qu'il faut trouver une infirmière disponible à l'heure dite. J'aime bien déranger les infirmières le soir à 22h30 pour 3 centimes d'euro. Elles aussi d'ailleurs... Et c'est pas du tout stressant de se demander si on en trouvera une qui voudra bien faire la piqûre à l'heure dite.


La piqûre étant faite, le produit déclenche le processus de maturation des ovocytes, pour que la maturité soit optimale au moment de la récolte. C'est l'étape à ne pas rater.


Et après? il faut attendre la ponction : oui, ATTENDRE, une journée entière sans piqûre, sans prise de sang, sans échographie, sans RIEN. Rhhhâââ....quel bonheur! 


mardi 20 novembre 2007

La Fiv, mode d'emploi 1

Le traitement pour la FIV, en quoi cela consiste t il?

Il y a plusieurs types de traitements, mais je ne parlerai que du mien, le seul que je connaisse à peu près. Je suis un protocole long, qui se décompose en 4 grosses étapes.
A ce sujet on peu aller voir le site de FIVFRANCE, fort bien fait.
Aujourd'hui je vais parler de la première étape.

Elle dure 10 jours environ. Traitement à base de décapeptyl, qui bloque l'ovulation. Piqûre à la maison, par les soins de Monsieur quand cela est possible. C'est mieux, il participe, et mine de rien, en cours de traitement ça devient un peu lourd, et donc l'implication du conjoint dès le début permet de se répartir le travail. Le début du traitement a lieu en principe le 20 eme jour du cycle.

Cette partie là du traitement c'est la partie "qui donne chaud et qui rend gaga". Je m'explique : bouffées de chaleur et sautes d'humeur sont au programme. Ainsi si Monsieur me demande innocemment et sans arrière pensée aucune :
"qu'est ce qu'on fait, ce week end?...",
je suis bien capable de prendre cela pour une attaque personnelle sur un éventuel et hypothétique manque d'activité lié au fait que ben oui mais non mais la FIV ça fatigue tu comprends je peux pas tout faire non plus non mais tu peux pas comprendre j'ai deja des tas d e trucs a penser alors si en plus faut planifier le week end enfin tu vois quoi.
"...parce que j'ai pensé qu'on pourrait alors voir l'expo Courbet".
La stratégie gagnante est donc de rouler sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler :
"ha... ; ben OK"